Revue d’une exposition de photos d’un photographe Queer Sud Africain, Sabelo Mlangeni
Par Jabu Pereira
Dans l’album familial je n’existe pas, je n’ai aucune preuve pour montrer ce à quoi je ressemblais durant mon enfance et ma vie d’adolescent. Je ne peux, entièrement expliquer pourquoi je suis absent. On m’a dit que c’est parce que nous avions été déplacés souvent et les archives de la famille ont été détruites quand la maison de mes grand-parents a été démolie par le gouvernement d’Apartheid. Toute cette communauté a été mise dans des camions et déversée dans un nouveau quartier racial isolé pour les soi-disant gens de couleurs.
Les photographies nous fournissent un autre regard à travers lequel nous pouvons nous imaginer ou nous souvenir du passé. Elles nous donnent l’opportunité de nous souvenir que nous avions une fois fait parti d’un espace particulier et d’un moment particulier. Elles nous rappellent ces moments où nous étions forcées de porter ces robes roses dégoutantes et ces chaussures brillantes blanches en cuir de mauvaise qualité, ces moments où nos cheveux devraient être défrisés avec des produits chimiques parce que l’afro n’était pas tolérer dans ma famille.
Ces rôles renforcent l’expression de genre que nous voyons souvent dans les photos familiales qui produisent certaines preuves des pires formes d’oppression des personnes “queer” au sein de nos familles.Ces images évoquent à la fois la joie et la douleur/la peine que nous avons vecu.
Les personnes queer adorent les objets. En effet nous aimons poser pour la camera, nous nous tenons avec audace devant la camera, un corps d’homme dans une robe, rouge a lèvre et une perruque. “Oui bébé, regardes moi maintenant.” Les bras croises, les femmes masculines fixent droit la camera, “yup, voici la personne que je suis devenue et que j’aime”.
L’exposition récente de Sabelo Mlangeni “Black Men in Dress/Des hommes noirs en robe” est une séries de portraits noirs et blancs d’hommes noirs en robes. Ces photographies ont été prises pendant la Pride de Johannesburg. J’utilise prudemment le mot homme parce que c’est le titre de l’exposition mais aucun des sujets n’a divulgué son identité sexuel.
Chaque sujet “queer”, noire fixe la camera, pose avec audace et montre fièrement le corps “queer” en Afrique du Sud. Comme c’est réconfortant pour moi de regarder chaque portrait et d’avoir un sentiment d’appartenance. Le travail de Sabelo nous amène loin des imagines tristes des “queer” noirs que nous voyons souvent dans le domaine publique. Ces images troublantes de lesbiennes noires meurtries et battues ou un site d’images spécifiques qui font preuves spectaculières d’où des lesbiennes ont été assassinées. L’image de la mort, de la pauvreté et de la violence en Afrique est trop souvent confirmée par l’objectif de la camera et trop souvent construit un récit particulier pour un agenda particulier.
Mais Sabelo évoque une nouvelle façon de voir, une nouvelle façon de diriger
notre regard. Son regard vient de l’intérieur, c’est un reportage introspectif, un homme gay avec sa camera ayant accès a sa communauté en tant que son sujet.
C’est un jeune photographe, le genre de photographe que j’ai envie de suivre, qui
prends sa camera et crée du travail queer de mon temps.
A propos de l’auteur
Jabu Pereira est le/la Directeur/Directrice d’ Iranti-org, une organisation queer nouvellement créée qui se concentre sur l’homosexualité, la documentation visuelle et la mémoire.




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