PORTRAIT D’UNE POETE EN TANT QU’UNE JEUNE ARTISTE

Fly

Freedom Ford

Yvonne “Fly” Onakeme Etaghene, également connue sous le nom “Je suis la fille de ma mère” est une lesbienne Nigériane activiste de performances, poète, danseuse, essayiste, dramaturge et actrice née avec une bouche pleine de dynamite et de canne a sucre. Fly utilise sa poésie pour ciseler une sculpture verbale de son âme aux auditeurs tout en adressant les questions de race, de classe sociale, du genre, de la sexualité, de la guerre, de l’impérialisme, de l’amour, de l’estime de soi et de la famille.

“Je suis la fille de ma mère” – Comment as tu trouvé ce nom?

Cela me maintiens les pieds sur terre, me rappelles d’ou je viens. Ma culture, ma langue, ma nourriture. Parce que son amour pour moi est si fort et divin, quand je dis que je suis la fille de ma mère, ca me rappelle le but de ma présence sur terre. Cela va toujours se refléter dans mon travail, c’est la manière la plus simple de me décrire.

Comment est-ce que ton identité d’Africaine de la diaspora influence ta poésie?

Seul l’enfant d’un immigrant poserait une telle question!
C’est ma poésie. C’est tout. Mon travail est le récit narration de mon monde. C’est également ma façon de créer mon monde. Mon travail reflète qui je suis. C’est frustrant de ne pas lire mes histoires. Je connais d’autres lesbiennes Nigérianes, mais aucune d’entre elles n’est artiste,…
Je ne peux pas toujours m’exprimer à travers les mots. Pour un poète ne pas être en mesure de trouver ses mots, c’est comme m’enlever mon âme.

Quand je suis ici (en amerique); je m’identifie comme nigériane et en tant qu’une noire. Je m’identifie a la communauté afro-américaine a travers le hip-hop, la dance…par contre il y a des moments ou mon côté Nigérian est exclue bien que la culture afro-américaine puise beaucoup de la culture africaine.
Je cherche un chez moi à travers les femmes. Quand j’étais au Nigeria, j’ai réalisé que c’était cela que je poursuivais. Le Nigeria me manque. C’est chez moi, et pendant 20 ans je voulais rentrer à la maison, malheureusement des fois je suis une étrangère. A certains moments je dois faire mes preuves, démontrer mon appartenance. C’est comme si je suis à cheval sur l’océan, un pied au Nigeria et l’autre à New York.

Fly

Freedom Ford

Quand as-tu commencé à écrire et à faire du spectacle?

J’ai commencé à écrire quand j’avais 9 ans. Il y a de cela fait 20 ans maintenant. Cela fait 10 ans que je me produis sur scène. Je me sentais si seule. J’étais vraiment isolée. Alors j’ai crée un monde où je pouvais avoir des ami-e-s. Et c’est à ce moment que j’ai commence à écrire.

D’où est-ce que tu puises ton inspiration?

Je tire mon inspiration de tout ce qui je vis, de tout ce que je vois. En regardant le monde se dévoilé à mes yeux et en témoignant de ce qui arrive aux gens. Ces derniers temps j’écris pour ceux qui ont vécu la violence, en particulier sur les personnes homosexuelles de couleur. Il se passe des choses et cela m’affecte. Ma vie se déroule et cela m’affecte. La poésie est mon église. Lorsque j’écris, je découvre des choses qui étaient cachées dans mon subconscient. L’écriture est mon église. La danse est mon église. Tout ce qui provoque une question. Tout ce qui est beau. Tout ce qui est vilain. Mon inspiration peut être dans la chose la plus simple. Quand tu peux sentir que quelqu’un te consacre de son temps, et prends de ton temps; c’est magique. Et la magie c’est de l’inspiration pour moi.

Quels autres poètes, écrivains ou artistes t’inspires?

Je dirais certainement que mes amis m’inspirent beaucoup. Peu importe qu’ils/elles soient poètes ou pas. Les choses qu’ils/elles disent sont de la poésie. Je dirais certainement Climbing Poetree, T’ai Freedom Ford. Mon ami Sunu Ghandy. Ainsi que Ntozake Shange, Audre Lorde, Pamela Sneed, Kay Barrett, Khalil Gibran, Queen Godis, Pat Parker, Sharon Bridgeforth, Barbara Smith, Chrystos, Jewel Gomez, Octavia Bulter, Saul Williams. Frank Leon Roberts. Lenelle Moïse. Wunmi m’inspire également. Des blogs que je découvre. Je dirai que le fil conducteur à travers mon inspiration est les personnes qui ont une grande imagination, et les personnes qui parlent de multiples sujets.

Si tu pouvais comparer ta poésie à une autre forme d’art, à quoi cela ressemblera t-il?

De l’art visuel. Je dirais que je suis une toile sans cadre avec des bords effilochés, éclaboussée par de la peinture aux couleurs vives, avec des graffitis, des cauris, et une installation vidéo dans un coin. Colorée et excitant pour le plaisir des yeux.

Que fais tu lorsque tu n’écris pas ou quand tu n’es pas sur scène?

Permets-moi de rester dans la décence! Cuisiner ou danser, ou regarder des films ou dormir, ou sortir avec des ami-e-s… J’aime passer du temps avec les gens que j’aime, et me souvenir de l’amour.

Fly

Freedom Ford

Si tu n’étais pas poète, que ferait ton alter-ego de sa vie?

Elle serait poète! Elle aurait été une danseuse qui écrit parfois de la poésie. Peut etre une menuisière, j’aime construire des choses.

Parles-moi de ton spectacle (one-woman show)

Mon « one-woman show » représente beaucoup à ce que j’avais toujours voulu faire dans un seul endroit. C’est multidisciplinaire. Je me considère avant tout comme une poète, principalement comme une artiste. Mais il y a d’autres voies par lesquelles je m’exprime quand j’écris aussi bien que quand je me produis sur scène. Donc le spectacle donne aux gens différentes façons d’expérimenter certains de mes écrits. Il y a de l’improvisation, de la comédie, de la satire, du monologue. Il y a de la participation du public, il y a de la dance et de la musique et les changements de costumes! C’est du multimédia, donc je suis moi sur scène et il y a mes vidéos et enregistrements sonores qui sont joués. Il y a aussi de l’animation de texte en projetant des mots sur un écran.

Le spectacle vous emmène à travers une exploration de mon identité en tant que lesbienne nigériane, et mes peurs à me produire sur scène. Ceci est très important quand j’avais commence à écrire cette pièce il y a de cela 3 ans. J’ai du écrire au sujet de mes peurs afin de pouvoir les surmonter. La pièce parle également du moment où je suis retournée au Nigeria. Puis elle comprend une histoire d’amour. Enfin, la pièce se termine avec les gens apprenant que nous sommes les héros que nous recherchons. Je prends une photo du public avant le spectacle et je le leur montre après…C’est véritablement un poème d’amour pour l’audience.

A propos de l’artiste
Yvonne a publié trois collections de poésie, sorti un CD, a fait une tournée nationale et s’est produite sur scène dans plus de 25 villes américaines. Pour lire plus sur la poesie de Fly, visiter son site My Love is Averb

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