A quel groupe appartenons-nous, nous les homosexuel-le-s africain(e)s ? Nos politiciens disent que nous appartenons à l’Occident, là où nos désirs supposés “non-Africains” auraient été créés (tout comme leurs costumes trois-pièces). Les pasteurs affirment que nous venons de Sodome et Gomorrhe (mais, bizarrement, nous avons survécu au feu et au soufre). D’autres prétendent que nous sommes des animaux, mais que pardoxalement notre sexualité est “contre nature” (allez comprendre!).
Bien évidemment, nous savons parfaitement à quel groupe nous appartenons. Par contre, la question la plus complexe est la suivante: comment pouvons-nous vivre cette appartenance? Face à toute cette incompréhensible hostilité, comment pouvons-nous faire accepter nos droits, tout en étant acceptés comme nous sommes?
Cette question fondamentale, celle de l’appartenance à la communauté homosexuelle est de plus en plus centrale dans le contexte politique africain actuel. Alors que les mouvements LGBTI Africains sont entrain de lutter de toutes leurs forces contre ces lois discriminatoires, des mouvements réactionnaires ripostent en niant et en criminalisant la réalité de notre existence.
C’est certainement la raison pour laquelle tant de propositions d’articles, pour le second numéro de Q-zine, nous interrogent, sur des questions d’appartenance et d’identité. Il est primordial de trouver des moyens pour montrer que nous appartenons à ce continent, comme nous sommes et dans toute notre diversité.
Pour notre deuxième numéro, nous avons sélectionné les contributions les plus pertinantes sur ces questions, et les avons regroupés autour d’un reportage photo captivant, réalisé par le photographe californien, Marc Bland Allen, qui a porté un autre regard sur la question de la couleur. Il nous invite à réexaminer notre identité : noir(e)s et “queer”.
L’intégralité des autres articles de ce numéro tentent de remplir ce même défi. La Mission de Q-zine est de questionner et d’explorer toutes les possibilités d’expression de notre communauté. J’espère que vous apprécierez les contributions de ce deuxième numéro.
John McAllister
Rédacteur en Chef
